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phylloplasties

Les phylloplasties sont des plantes augmentées d’ajouts artificiels, tentative dérisoire et violente de ramener de l’exostime à des plantes vivantes devenues objets banals. Des plantes colonisées
On est toujours un peu troublé face aux œuvres de Karine Bonneval (c’est bien son but, j’imagine). Il y quelques temps, à la Maréchalerie (Versailles), elle nous proposait des plantes améliorées en invitant le Bon Dieu, implicitement, à réviser sa copie. Cette fois, au Centre d’Art et de Nature de Chaumont sur Loire, elle nous présente des agaves dorées à la feuille.
Ces créatures artificialisées me font penser au film Goldfinger (James Bond) et à la séquence célèbre où on découvre une femme nue peinte en or. L’effet de la dorure, dans le film, est frappant, les conséquences aussi. Les agaves, nous assure l’artiste, ne meurent pas, elles s’adaptent. Elles en sont même ravies, qui sait ?
Cela me rappelle aussi les dents en or, plus belles que nature, peut-être, mais un tantinet macabres.
Ce que j’aime, dans la poétique de Karine Bonneval, c’est qu’elle nous invite à explorer les frontières éthiques de notre rapport au vivant. Je résumerai ma réception de son œuvre (ce qui est très subjectif, bien entendu), dans la formule suivante : qui suis-je pour faire de la morale sur le sort d’un végétal? Est-ce que le fait de m’apitoyer sur le destin de certaines plantes (et tout particulièrement celles des autres), rend moins graves mes turpitudes? N’aurais-je plus le droit de donner une forme à ma kentia et de limiter les ambition expansionnistes de mon ficus (qui n’ont pas demandé ni l’une ni l’autre mon intervention)? « Est-ce que si je coupe une branche de sapin et je la peins en or je deviens un tortionnaire nazi? »

http://lanimalcommepretexte.blogspot.fr/2016/12/belle-comme-une-dent-en-or.html?spref=fb, Sergio Della Bernardina, dec 2016

Phylloplasties are plants augmented with artificial additions, a derisory and violent attempt to bring back exostimate to living plants that have become commonplace objects. Colonized plants
We are still a little confused about Karine Bonneval’s works (that’s her goal, I guess). Some time ago, at the Maréchalerie (Versailles), she proposed improved plants to us by implicitly inviting the Good Lord to revise his copy. This time, at the Centre d’Art et de Nature in Chaumont sur Loire, she presents us with agave gilded with leaves.
These artificial creatures remind me of the movie Goldfinger (James Bond) and the famous sequence where we discover a naked woman painted in gold. The effect of the gilding in the film is striking, as are the consequences. The agave, the artist assures us, do not die, they adapt. They’re even delighted, who knows?
It also reminds me of gold teeth, perhaps more beautiful than life, but a little macabre.
What I like about Karine Bonneval’s poetics is that she invites us to explore the ethical boundaries of our relationship with life. I will summarize my reception of his work (which is very subjective, of course), in the following formula: who am I to lecture on the fate of a plant? Does the fact of feeling sorry for the fate of certain plants (and especially those of others) make my turpitude less serious? Would I no longer have the right to shape my kentia and limit the expansionist ambitions of my ficus (neither of which asked for my intervention)? « If I cut a branch of a fir tree and paint it in gold, do I become a Nazi torturer? »

http://lanimalcommepretexte.blogspot.fr/2016/12/belle-comme-une-dent-en-or.html?spref=fb, Sergio Della Bernardina, Dec 2016

 

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