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Ecouter la terre

Pour donner à voir, à entendre ce tout vivant avec lequel nous sommes en constant dialogue, j’ai imaginé créer des dispositifs pour écouter la terre. Leur apparence formelle est venue des écoutilles de bateaux, au nom évocateur, et des coquillages dans lesquels ont entendrait la mer. Des sculptures amplificatrices qui reprendraient les formes de myxomycètes, ces «amibes collectives». La terre cuite est l’écrin idéal pour ces recueils de sons, et j’avais depuis longtemps en tête des bouches de céramique sortant du sol pour écouter le bruissement de vie souterrain. Comme ces sons sont difficilement audibles et très ténus, il faut passer par des amplificateurs, et les « bouches » se sont transformées en tiges noires comme la terre, érigées à hauteur d’homme, pour se pencher délicatement au-dessus de cette activité rendue audible.
En 2016, j’ai rencontré Matthias Rillig, qui dirige le laboratoire d’écologie des plantes à Berlin. Sa spécialité est l’étude des fungi qui colonisent les sols et les végétaux. Une première collaboration à Dahlem nous a permis de déterminer une envie commune, qui également croiserait un intérêt scientifique : peut on écouter la terre, quels sons pourrait faire la terre ?Alliage complexe d’être vivants, de nutriments, de minéraux en constante interaction, nous marchons sur un univers complet qu’il me paraît important aujourd’hui de donner à entendre pour appréhender le monde qui nous entoure autrement. J’ai ensuite contacté Fanny Rybak, bio-acousticienne à Orsay, qui est depuis partenaire du projet. Ensemble nous avons testé in vitro des protocoles différents pour déterminer quels sont les meilleurs instruments pour réaliser ces enregistrements. Je suis retournée travailler dans le Rillig group pour réaliser des expériences à partir de cette idée de départ faussement simple.
Ce type de sons a généré d’autres expériences, encore en cours, sur des changements de comportement dans les communautés de fungi exposés à ces séquences.
Ce projet a bénéficié du soutien de la Diagonale Paris-Saclay, de la DRAC centre Val de Loire et de Micro-Onde centre d’art.

To show, to hear this living thing with which we are in constant dialogue, I imagined creating devices to listen to the earth.Their formal appearance came from the boat hatches, with their evocative names, and the shells in which the sea would be heard. Amplifying sculptures that would take up the forms of myxomycetes, these « collective amoebas ». Terracotta is the ideal setting for these sound collections, and I had ceramic mouths coming out of the ground to listen to the sound of underground life for a long time. Since these sounds are difficult to hear and very tenuous, it is necessary to use amplifiers, and the « mouths » have been transformed into black rods like the earth, erected at ground level, to lean gently over this activity made audible.
In 2016, I met Matthias Rillig, who heads the Plant Ecology Laboratory in Berlin. His speciality is the study of fungi that colonize soils and plants. A first collaboration in Dahlem allowed us to determine a common desire, which would also cross a scientific interest: can we listen to the earth, what sounds could make the earth? complex alloy of living beings, nutrients, minerals in constant interaction, we walk on a complete universe that it seems important to me today to give to hear to understand the world around us differently. I then contacted Fanny Rybak, bio-acoustician in Orsay, who is since partner of the project. Together we tested different protocols in vitro to determine the best instruments for making these recordings. I went back to work in the Rillig group to carry out experiments from this falsely simple starting idea.
This type of sound has generated other experiments, still ongoing, on behavioural changes in fungi communities exposed to these sequences.
This project was supported by the Diagonale Paris-Saclay, DRAC centre Val de Loire and  Micro-Onde art center.

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