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Garde-robes

Nos univers mentaux, comme ceux des occidentaux du moyen-âge, sont peuplés à leurs franges de créatures hybrides inquiétantes, qui mêlent les caractères humains et animaux, et dont le comportement questionne le nôtre par un effet de miroir déformant.

Dans ses vidéos, c’est d’une éthologie de ces hybrides que procède le travail de Karine Bonneval, réalisé à partir de séries exploratoires : la garde-robe de l’attente, les habits de parade, et les conversations. Les œuvres de ces trois séries sont conçues comme des objets d’une étude quasi scientifique des stratégies déceptives de séduction, des impasses des modes de communication et des traces indélébiles laissées dans nos imaginaires par des contes de notre enfance et les expressions de langage courant.

La garde-robe de l’attente est composée de pièces de vêtements qui s’endossent comme des révélateurs impossibles ou des prothèses obsédantes.

Les habits de parade sont eux conçus pour de complexes rites inventés, décalqués sur les rites bizarres qui règlent les activités humaines et animales. Pour les biologistes, la ritualisation est la formalisation de comportements à motivation émotionnelle.

Les conversations poursuivent cette étude des rapports conflictuels mais si joliment camouflés entre les être humains, en s’attachant à leurs modes de communication. Ces conversations ne passent en tous cas pas par les langage, si elles passent souvent par la bouche et par la gorge, c’est pour s’y étrangler.

 Véronique Wiesinger, 2002, catalogue de l’exposition Ce que j’ai à te dire, chapelle Jeanne d’Arc de Thouars

– La garde-robe de l’attente

– Les habits de parade

– Conversations

 

 

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