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l’âme des écorces

Galerie Louise-Michel, Dominique Truco, Commissaire de l’exposition

25, rue Edith Piaf 86000 Poitiers
du 11 juillet – 29 septembre 2018

L’exposition « L’âme des écorces » de Karine Bonneval restitue à Poitiers, à la galerie Louise-Michel, un travail collaboratif de grande ampleur en prise avec le vivant végétal.

Depuis 8 mois, ce chantier se déploie avec les précieux concours de trois docteurs en biologie de l’Ecole de l’ADN Nouvelle Aquitaine, 54 enfants de moyenne et grande section de l’école maternelle Marcel-Pagnol et leurs professeures, Caroline Charré et Carmen Bouquet, 10 enfants du centre de loisirs de la ferme des Prés Mignons et leur animateur, l’association des jardins familiaux, l’atelier d’écriture de Cap-Sud, la résidence Marie-Noël, des habitants du quartier, l’espace Mendès France et la Fête de la science, les espaces verts de la Ville de Poitiers, l’antenne Paysage du Conservatoire régional d’espaces naturels de Poitou-Charentes, et Broutilles, cultivatrice de plantes germées biologiques.
Ce projet s’accorde au nouvel aménagement paysager de Bellejouanne qui, désormais, avec son jardin aromatique, ses plantations fruitières contribue à renouveler la vie des habitants.

La carte botanique de Bellejouanne, Les portraits botaniques, Communauty Coalescence (la constellation de boîtes de Pétri), Nos ADN, ces œuvres nouvelles créées à Poitiers par Karine Bonneval résultent de pertinentes collaborations entre tous ces acteurs dans ce paysage naturel et culturel ré-éguisant nos regards, nos sens pour retrouver cette connexion innée avec la nature.

Depuis deux décennies, Karine Bonneval, originaire de La Rochelle, concentre ses recherches artistiques sur les relations que nous, humains, entretenons avec le vivant, végétal et animal.
Ses territoires d’investigation ouvrent à l’indispensable prise de conscience de l’interdépendance du vivant dans sa diversité dont dépend la qualité de notre environnement, donc de nos existences.
En 1994, alors étudiante à l’Ecole supérieure d’art décoratif de Strasbourg, au jardin botanique elle travaille avec un botaniste, partage des réflexions avec un étudiant en génétique.
En 2000, sa première incursion en forêt tropicale en Guyane est décisive.
Depuis la création en 2014 de la Diagonale de Saclay – programme d’accompagnement de projets de recherches entre scientifiques et artistes reliant sciences et société, mis en œuvre par l’Université de Paris Sud – l’artiste approfondit de nombreuses recherches avec des scientifiques, microbiologiste, éthologue, pédologue, bio-acousticien, etc., en France et à l’étranger.
Pour Karine Bonneval, ces fertiles collaborations, nourries de questionnements sur la vie du végétal, dans ce qu’elle a d’inattendu, d’infiniment petit et d’infiniment grand, « visent avant tout à montrer les relations constantes mais invisibles que nous avons au quotidien avec le tout vivant dans lequel nous baignons ».

Ce tout vivant invisible, les enfants de l’école maternelle Marcel-Pagnol l’ont mis en culture avec l’école de l’ADN mêlant dans des boîtes de Pétri les micro-organismes de leurs propres mains à ceux des écorces des arbres de la cour de leur école.
Cette constellation évolutive porte des noms réjouissants, par exemple : Evan Tilleul, Luna Chêne vert, Azzad Erable, Anaëlle Bouleau, Mariam Sorbier…
Ce fut « un beau moment de magie et de poésie » résume Caroline Charré, directrice de l’école maternelle Marcel-Pagnol : « nous avons donné une autre dimension à leur quotidien et permis qu’ils posent un autre regard sur le monde, semé des graines d’humanité ».
Désormais, ainsi que Karine Bonneval en fit l’expérience avec l’éco-physiologiste Claire Damesin et le microbiologiste Ludwig Jardillier, les enfants de Marcel-Pagnol savent maintenant que les arbres sont des êtres vivants habités par d’autres êtres vivants et qu’ils respirent !

Des échanges entre Karine Bonneval et Laurence Héchard de l’Ecole de l’ADN Nouvelle-Aquitaine est né Nos ADN, croisant ADN humains et ADN de fruits et légumes, cerises, fraises, abricots, épinards, concombres, tomates, framboise…

Afin de mieux approcher et connaître le végétal des rues et jardins du quartier, l’artiste a imaginé la Carte botanique de Bellejouanne. Elle a mobilisé plus de cent enfants et adultes du quartier sur le modèle de l’herbier naturel. Cela consistait à relever par encrage l’empreinte d’une feuille pressée sur une feuille tel que pratiqué par le naturaliste Aimé Bonpland au XIXe siècle. C’est sur le mode d’imbrication alvéolaire cellulaire en volume que Karine Bonneval présente ces 127 estampes.

D’une sculpture d’arbre recouvert de champignons imaginaires surgissent 10 Portraits botaniques sonores.

Avec la bio-acousticienne Fanny Rybak, spécialiste des oiseaux, et le laboratoire de la Freie Universität de Berlin, le Rillig Group étudiant les sols et fungi, Karine Bonneval a entrepris   d’écouter la terre. A la galerie Louise-Michel, c’est la vie des invertébrés indicateurs de la bonne santé ou pas d’un sol que l’artiste nous restitue.
De cinq bouches de céramique plantées dans 6 m3 de terreau universel s’échappent les sons de cinq biotopes différents : le jardin botanique de Berlin, le jardin du Rillig Group, le compost du jardin de l’artiste, un champ cultivé industriellement et un jardin de Kandy au Sri Lanka.

Enfin, une promenade sonore et lecture sensible des paysages de Bellejouanne avec Charlotte Sauvion, responsable du Pôle Paysage à la Ville de Poitiers, et Jean-Philippe Minier, responsable de l’Antenne paysage au Conservatoire régional d’espaces naturels de Poitou-Charentes,bouclera ce tissu de relations créatrices le samedi 29 septembre prochain.

Parce que « nommer c’est faire exister », l’ultime œuvre de Karine Bonneval dans le quartier passe par l’étiquetage botanique du jardin aromatique et fruitier de Bellejouanne avec la complicité de Florence Morisot afin que les habitants s’approprient les plantes et les usages de ce jardin urbains.

A découvrir en septembre.

 

Karine Bonneval’s exhibition « L’âme des écorces » (The soul of bark) returns to Poitiers, at the Louise-Michel gallery, a large-scale collaborative work in touch with living plants.

For the past 8 months, this project has been underway with the precious help of three doctors in biology from the Ecole de l’ADN Nouvelle Aquitaine, 54 children from the Marcel-Pagnol nursery school and their teachers, Caroline Charré and Carmen Bouquet, 10 children from the Prés Mignons farm leisure centre and their animator, the allotment gardens association, the Cap-Sud writing workshop, the Marie-Noël residence, the inhabitants of the district, the Mendès France area and the Science Festival, the green areas of the City of Poitiers, the Paysage branch of the Conservatoire régional d’espaces naturels de Poitou-Charentes, and Broutilles, grower of organic sprout plants.
This project fits in with Bellejouanne’s new landscaping, which now, with its aromatic garden, its fruit plantations contribute to renewing the life of the inhabitants.

The botanical map of Bellejouanne, Botanical portraits, Communauty Coalescence (the constellation of Petri dishes), Our DNA, these new works created in Poitiers by Karine Bonneval result from relevant collaborations between all these actors in this natural and cultural landscape re-disguising our looks, our senses to find this innate connection with nature.

For two decades, Karine Bonneval, originally from La Rochelle, has concentrated her artistic research on the relationships that we humans maintain with living plants and animals.
Its territories of investigation open to the indispensable awareness of the interdependence of the living in its diversity on which depends the quality of our environment, therefore of our lives.
In 1994, while studying at the Ecole supérieure d’art décoratif in Strasbourg, at the botanical garden, she worked with a botanist and shared her thoughts with a student in genetics.
In 2000, his first foray into the tropical forest of French Guyana was decisive.
Since the creation in 2014 of the Diagonale de Saclay – a programme to support research projects between scientists and artists linking science and society, implemented by the University of Paris Sud – the artist has been carrying out extensive research with scientists, microbiologists, ethologists, pedologists, bio-acousticians, etc., in France and abroad.
For Karine Bonneval, these fertile collaborations, nourished by questions about the life of plants, in what is unexpected, infinitely small and infinitely large, « aim above all to show the constant but invisible relationships that we have in everyday life with the whole living in which we bathe ».

The children of the Marcel-Pagnol nursery school, living invisibly, have cultivated this material with the DNA school, mixing in Petri dishes the micro-organisms in their own hands with those in the bark of the trees in their schoolyard.
This evolutionary constellation bears happy names, for example: Evan Tilleul, Luna Chêne vert, Azzad Erable, Anaëlle Bouleau, Mariam Sorbier…
It was « a beautiful moment of magic and poetry » sums up Caroline Charré, director of the Marcel-Pagnol nursery school: « we gave another dimension to their daily life and allowed them to take another look at the world, sown with the seeds of humanity ».
Now, as Karine Bonneval experienced with eco-physiologist Claire Damesin and microbiologist Ludwig Jardillier, Marcel-Pagnol’s children now know that trees are living beings inhabited by other living beings and that they breathe!

From the exchanges between Karine Bonneval and Laurence Héchard of the Ecole de l’ADN Nouvelle-Aquitaine was born Our DNA, crossing human DNA and DNA from fruits and vegetables, cherries, strawberries, apricots, spinach, cucumbers, tomatoes, raspberries…

In order to get to know the vegetation of the neighbourhood’s streets and gardens better, the artist created the Botanical Map of Bellejouanne. It has mobilized more than a hundred children and adults from the neighbourhood based on the natural herbarium model. This consisted of taking by inking the imprint of a leaf pressed on a leaf as practiced by the naturalist Aimé Bonpland in the 19th century. Karine Bonneval presents these 127 prints in the cellular alveolar volume nesting mode.

From a sculpture of a tree covered with imaginary mushrooms emerge 10 botanical sound portraits.

Together with bio-acoustician Fanny Rybak, a bird specialist, and the laboratory of the Freie Universität Berlin, the Rillig Group studying soils and fungi, Karine Bonneval has undertaken to listen to the earth. At Galerie Louise-Michel, it is the life of the invertebrates, indicators of good health or not of a soil, that the artist restores to us.
From five ceramic mouths planted in 6 m3 of universal soil escape the sounds of five different biotopes: the Berlin Botanical Garden, the Rillig Group Garden, compost from the artist’s garden, an industrially cultivated field and a Kandy Garden in Sri Lanka.

Finally, a sound walk and sensitive reading of the landscapes of Bellejouanne with Charlotte Sauvion, head of the Pôle Paysage at the City of Poitiers, and Jean-Philippe Minier, head of the Antenne paysage at the Conservatoire régional d’espaces naturels de Poitou-Charentes, will complete this web of creative relationships on Saturday 29 September.

Because « to name is to make exist », Karine Bonneval’s ultimate work in the district passes through the botanical labelling of the Bellejouanne aromatic and fruit garden with the complicity of Florence Morisot so that the inhabitants appropriate the plants and uses of this urban garden.

To discover in September.

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