menu

Matières premières

– La canne à sucre est le végétal le plus cultivé dans le monde.
« D’où vient ce que nous mangeons ? L’homme regarde la nature comme une curiosité. Il la traque, joue avec elle, s’en sert comme d’un garde-manger.
Depuis des millions d’années, l’homme décrypte son milieu, ce qu’il peut lui apporter. Souvent, il en a peur et veut le dominer. Retour de bâton assuré. Le sucre est notre plaisir et l’une des pires plaies de l’humanité. L’être humain aime le sucre. Il le cherche frénétiquement depuis la préhistoire. Alexandre, conquérant de la Grèce, rapporte la canne à sucre de l’Inde, qu’il acclimate en Méditerranée avant que les colons ne la cultivent aux Antilles. Ils instaurent avec la complicité des chefs africains le pire des esclavages. Napoléon ruine le commerce triangulaire qui a tant enrichi Nantes et Bordeaux en poussant Delessert à développer la betterave à sucre. Mais la plaie de l’esclavage met encore un demi-siècle avant de se refermer. Aujourd’hui, nous mangeons trop de sucre et le diabète est l’une des maladies les plus redoutables de l’humanité. Il faut se méfier du sucre. »

Gilles Fumey, géographe de l’alimentation, 2013, à propos de Makarka et des tenues d’explorateurs, catalogue du 15ème  parcours d’art contemporain de Fontenay le Comte

– La pteridomania a été une vogue victorienne, où chaque intérieur bourgeois se devait de possèder un mobilier de genre nouveau : un terrarium de salon. Ainsi, après les cabinets de curiosité où se collectionnaient les reliques de la nature des lointains, on pouvait admirer et faire pousser des collections de végétaux vivants, dans leur microcosme transparent. Un univers exotique et domestique, que chacun pouvait régler à sa guise. Ici, reprenant cette esthétique dix-neuviémiste sous globe, une collection de plantes carnivores se dresse dans une blancheur immaculée. Une reprise des formes botaniques, mais composée d’une matière mangeuse de territoires et de forêts : ces végétaux sont en cire d’huile de palme.

– En 2000 la troisième culture oléagineuse du monde après le palmier à huile et le soja est le colza. Son huile peut servir aux agrocarburants et aussi à fabriquer de la cire. La cire est aussi un matériau de référence en muséographie scientifique : beaucoup de modèles ont ainsi été réalisés en cire, et ont été une source d’inspiration pour la série waxatoria, réalisée en résidence au musée botanique de Berlin en 2018.

– Sugar cane is the most widely grown plant in the world
« Where does what we eat come from? Man looks at nature as a curiosity. He stalks her, plays with her, uses her like a pantry.
For millions of years, man has been deciphering his environment, what he can bring to it. Often, he is afraid of it and wants to dominate it. Stick return guaranteed. Sugar is our pleasure and one of the worst wounds of humanity. Humans love sugar. He has been frantically searching for it since prehistoric times. Alexander, conqueror of Greece, brought back sugar cane from India, which he acclimatized to the Mediterranean before settlers cultivated it in the West Indies. With the complicity of African leaders, they established the worst form of slavery. Napoleon ruined the triangular trade that had enriched Nantes and Bordeaux so much by pushing Delessert to develop sugar beet. But the wound of slavery takes another half a century to close. Today, we eat too much sugar and diabetes is one of humanity’s most dangerous diseases. You have to be careful with sugar. »

Gilles Fumey, food geographer, 2013, about Makarka and explorers’ outfits, catalogue of the 15th contemporary art course of Fontenay le Comte

– The pteridomania was a Victorian fashion, where every bourgeois interior had to have a new kind of furniture: a living room terrarium. Thus, after the curiosity cabinets where relics of nature from faraway places were collected, collections of living plants could be admired and grown in their transparent microcosm. An exotic and domestic universe, that everyone could regulate as they please. Here, taking up this nineteenth-century aesthetic under the globe, a collection of carnivorous plants stands in an immaculate whiteness. A revival of botanical forms, but composed of a material that eats territories and forests: these plants are made of palm oil wax.

– In 2000, the world’s third largest oilseed crop after oil palm and soybeans was rapeseed. Its oil can be used for agrofuels and also to make wax. Wax is also a reference material in scientific museography: many models have been made in wax, and have been a source of inspiration for the waxatoria series, created in residence at the Berlin Botanical Museum in 2018.

 

– Châsse chasse sucrée
– Cueillette
– Makarka
– Makarka triennale de Vendôme
– Saccharumania
– Palmatomania
– Waxatoria

/